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Contes traditionnels, créations contemporaines, pour tous les publics, de la petite enfance à l'adulte

Lire au collège - 1999

Ces récits adaptés par Claudie Obin retracent les aventures des plus grands personnages de la Grèce Antique. Cette collection s’adresse à un large public, des enfants à partir de huit ans aux adultes, et naturellement au secteur de l’éducation et du parascolaire. Ces productions proposent une écoute ludique de la mythologie grecque et présentent donc un grand intérêt pédagogique. Les disques sont présentés soit individuellement, soit en coffret thématique de trois titres et un soin particulier a été apporté au graphisme (illustrations, livrets, boîtiers cartonnets…).

La découverte des œuvres de l’Antiquité, inscrite au programme de français de 6e, nous plonge dans un univers fictionnel facilitant l’acquisition de références culturelles et permettant à l’élève de se situer dans le temps. Les directives officielles invitent à aborder ces textes sous forme d’extraits et d’entreprendre des travaux documentaires, sur les personnages mythiques, sur les lieux des récits etc...

Sans dresser une liste des différentes activités pédagogiques possibles autour de la mythologie, nous avons rencontré Claudie Obin pour lui demander comment les élèves, et pas seulement ceux de 6e, réagissent à ses récits.

Albert Helly. - En 6e et 5e, quelles sont les questions les plus fréquentes posées par les élèves ?

Claudie Obin. - La question qui vient en tête est : « Ces histoires sont-elles vraies ? » Ces récits non seulement aiguisent la curiosité et l’imagination, mais les enfants sont plongés dans un univers fictionnel tel, qu’ils en arrivent naturellement à réfléchir au rapport de l’homme à l’imaginaire.

A. H. - Vous voulez dire que ces récits sont à part dans les œuvres de fiction ?

C. O. - Tout à fait. Ils occupent dans la fiction une autre strate que le conte. Au-delà du merveilleux, ces récits sont plus incroyables que l’incroyable, sont surtout plus éternels que l’éternité. Voila pourquoi nous les acceptons. C’est d’ailleurs ce que révèle la réflexion suivante des élèves : « C’est l’Arche de Noé ! » En effet, si le conte suscite des questions aux auditeurs, celles que pose la mythologie sont encore plus existentielles, métaphysiques et collectives. D’après Pierre Grimal, « le mythe est un récit se référant à un ordre du monde antérieur à l’ordre actuel et destiné, non pas à expliquer une particularité locale ou limitée, mais une loi organique de la nature des choses ».

A. H. - Si je comprends bien, les élèves font automatiquement référence aux textes fondateurs déjà connus ?

C. O. - Exactement. C’est parfois plus qu’une simple comparaison, ce peut être une véritable confrontation qui conduit alors à une réflexion sur la différence de cultures, de religions, et introduit la connaissance d’autres philosophies, voire la reconnaissance d’autres doctrines que la sienne propre.

A. H. - D’ailleurs, deux disques parmi les neuf traitent de deux genèses différentes : « La création du monde » et « Dionysos », (la seconde est rapportée par l’orphisme) et une mise en parallèle facilement exploitable pour introduire la relativité des croyances.

C. O. - De même quand les enfants entendent que dans les enfers grecs il fait frais (disque « Les Enfers »), ils sont obligés d’y confronter les flammes de l’Enfer. .. Par ailleurs, les enfants vont, sans le savoir, beaucoup plus loin, en demandant ce que sont devenus Zeus et les autres, ou si les Grecs d’aujourd’hui croient toujours à ces récits.

A. H. - Ils prennent ainsi conscience de la distanciation historique, et il est alors possible de les aider à mieux saisir leur place par rapport à un héritage culturel très ancien. Et les héros ?

C. O. - Là encore, il y a diversité de réactions : ils ont entendu parler de l’Odyssée d’Ulysse, pas du tout de Jason, ni de Thésée. Quant à Héraclès, ils sont obligés de confronter le récit avec les interprétations contemporaines (Walt Disney par exemple) et d’y découvrir de grossières erreurs, ce qui me permet de leur dire que les Grecs ont porté plainte contre l’auteur d’Hercule.

Propos recueillis par Albert Helly